Les élèves de la cité scolaire Roger Frison-Roche ont rendu hommage le mercredi 11 mai 2016 à celui dont l'établissement porte le nom, en présentant de nombreux -et remarquables- travaux mettant en relief les multiples vies de Frison.

Dans une exposition intitulée "Une oeuvre, des vies", dessins, peintures, textes, maquettes, mais aussi livres et objets personnels, révèlent les différentes activités et centres d'intérêts de Roger Frison-Roche, à la fois résistant, guide et montagnard, aventurier et explorateur, journaliste, écrivain et conférencier...

Un portrait de Roger Frison-Roche a été dévoilé en présence du proviseur, de l'inspecteur d'académie, du maire de Chamonix et vice-président de la Région Auvergne Rhône Alpes, du président du Conseil départemental, de nombreux élus, professeurs et élèves, mais aussi de membres de la famille Frison-Roche, notamment sa fille Martine Charoy.

En soirée sont projetés deux films au cinéma Vox de Chamonix: "La piste Frison-Roche", en présence du réalisateur Arthur Chays et le making of du film "Premier de cordée" en présence de Martine Charoy et de René Vernadet.

Roger Frison-Roche, 1er de cordée

Né en 1906 à Paris, de parents beaufortins, Roger Frison-Roche débute comme employé chez Thomas Cook, où il apprend l'anglais.

Il rejoint Chamonix en 1924.

"Il me faut de la nature, du naturel, de l’action!" écrit-il dans Le versant du soleil. Il se jure de ne plus jamais revenir dans la capitale. Il a dix-sept ans et il part conquérir le monde.

A Chamonix, il devient le "grouillot" (selon son propre terme) du syndicat d'initiative et du comité des sports. A ce titre, il participe à l'organisation des premiers Jeux olympiques d'hiver.

Et il s'attache!

Après les J.O., il est journaliste au Petit Dauphinois où il parle de ski. Il voyage alors beaucoup et couvre les grandes compétitions.

Il parcourt également la montagne. Porteur d'Armand Charlet et de Ravanel le Rouge, il devient en 1930, le premier "étranger" à entrer à la Compagnie des guides de Chamonix. Il en deviendra ensuite le président.

Alpiniste, Frison est aussi bien sûr écrivain, auteur de vingt-deux romans ("on fait ce qu'on peut" disait-il), écrits grâce à ses voyages. Il raconte avoir commencé par écrire Premier de cordée en feuilleton et qu'il a fini par écrire des bouquins. Ignoré par la critique, ayant toujours vécu à l’écart des grandes chapelles littéraires, n'ayant décroché aucun prix, Frison-Roche bénéficia toute sa vie de la plus belle des récompenses: la reconnaissance du public qui l'a toujours suivi avec une fidélité émouvante.

Alpiniste et écrivain, Frison est aussi aventurier, explorant bien des régions du globe, du Hoggar à la Laponie, en passant par le Grand nord canadien et l'Amérique du nord.

Mais bien qu'il en soit souvent parti, il a toujours été fidèle à "sa" ville et y est toujours revenu. Et cela ne lui est jamais venu à l'idée d'aller s'installer ailleurs. Frison Roche n'a jamais pu se passer de Chamonix. Frison et Chamonix ne font qu'un et leurs routes se confondent. Il est aujourd'hui, parmi les mille célébrités qui ont côtoyé Chamonix, l'unique vedette. L'incontestable ambassadeur qui fit découvrir et aimer la montagne à des générations entières.

Frison Roche ne s'est jamais posé la question de savoir si ce qu'il avait écrit restera ou non. "Vivant à l’écart des grands de ce monde, je n’ai pas à me plaindre si j’ai parfois été oublié" écrit-il dans Le versant du soleil. "Mais ce dont je suis fier c’est de recevoir si souvent des témoignages d’écoliers, voire de classes entières venues me voir à Chamonix, me confirmant ainsi que l’amitié des enfants est le bien le plus précieux que puisse obtenir un vieil homme."

1er de cordée, guide exemplaire, écrivain et conférencier apprécié d'un large public, on retiendra aussi de celui dont la notoriété est unique qu'il fut un homme libre!