Dans le cadre de la 4e Sustainable Summits Conference qui a rassemblé au Majestic 300 participants de 16 nationalités différentes pour réfléchir aux meilleures solutions pour l'avenir des hautes montagnes du monde, un débat public était organisé mercredi 13 juin autour du thème "Mont Blanc et UNESCO: construisons l'avenir ensemble".

Une soirée très vivante éclairée par les interventions de spécialistes qui a permis aux élus et aux représentants des associations de préciser leurs attentes devant un public venu nombreux (environ 200 personnes) pour mieux comprendre les enjeux de ce projet ambitieux.

Tenant une place importante dans l'imaginaire collectif, les montagnes sont aussi le symbole de l'état de notre planète. Lieu exceptionnel où tout a été inventé, de l'alpinisme aux sciences naturelles, la candidature du Massif du Mont Blanc est pourtant complexe.

Relancée en 2017 par Chamonix face au peu de considération de l'Etat pour les politiques de la montagne, ce dossier est aujourd'hui traité en transfrontalier dans le cadre de l'Espace Mont Blanc où les trois versants du Mont Blanc travaillent ensemble depuis 27 ans. Eric Fournier, vice président français de la Conférence Transfrontalière a souligné la chance que représentait ce laboratoire transfrontalier pour prendre les meilleures voies de réussite d'une cohabitation entre milieu humain et nature exceptionnelle. Facile d'accès, anthropisé depuis longtemps, ce massif est un lieu unique qui offre l'opportunité de trouver ensemble une autre gouvernance, le chemin à parcourir est aussi important que le résultat en lui même. Il attend de cette reconnaissance des outils de gestion spécifiques pour avoir des solutions à nos problèmes de pollution, de déplacements, de logements, d'urbanisme. Pour Eric Bianco, vice président suisse, la population doit rester le moteur de cette démarche. Quant à Stefano Miserocchi, syndic de Courmayeur, il informe que le débat organisé le 7 juin sur sa commune a montré l'engagement valdotain vers cette reconnaissance des valeurs de notre territoire.

Après avoir expliqué les critères indispensables à une candidature UNESCO, une Valeur Universelle Exceptionnelle n'étant pas inscrite sur la liste actuelle et un plan de gestion, Pierre François Toulze, expert sur le Patrimoine Mondial a donné les conclusions de la première phase d'expertise sur le choix de la nature de la candidature. Aujourd'hui après avoir éliminé les options "biens culturel ou mixte", trois pistes restent à explorer : le "bien naturel" qui souffre de la forte concurrence de biens déjà inscrits, le "bien naturel en série" en extension du site classé suisse d'Aletsch et le paysage culturel qui permet la prise en compte de l'anthropisation. Les études seront poursuivies pour choisir la catégorie la plus pertinente.

Le débat avec la salle a ensuite insisté sur les obligations des Etats à donner dans cette démarche des garanties pour préserver l'intégrité et pour régler nos problèmes de pression. La nécessité de réguler la fréquentation touristique déjà mal supportée à certaines périodes a aussi fait l'objet d'interventions de même que le risque de sanctuarisation.

"Un important travail en commun doit être réalisé avant l'inscription pour définir l'identité du territoire et déterminer ce qui doit être inscrit et préservé" a conseillé le Directeur du site UNESCO des vignobles de Lavaux en Suisse classé en paysage culturel vivant.

En conclusion Bernard Debarbieux a rappelé que l'inscription UNESCO n'amène qu'une reconnaissance symbolique mais apporte un immense sentiment de fierté.

Cette soirée a permis de montrer une large adhésion des socio professionnels et des habitants en plus de celle déjà acquise de la majorité des communes, des instances politiques et du monde associatif. Il ne reste plus qu'à confirmer cette mobilisation et poursuivre l'expérimentation d'une autre politique en transfrontalier.

Le lendemain Nicolas Hulot, ministre de la transition écologique et solidaire, confirmait le soutien du gouvernement à cette candidature lors de son intervention diffusée en clôture des Sustainable Summits.